Sûrah 006 - Âyah 108 (At Tabarî, Qatâdah, As Suddî ...)

« Ô vous les croyants ! N'insultez pas les idoles que les polythéistes adorent en dehors d'Allâh, car suite à cela, leur colère pourrait les amener à vouloir vous irriter en insultant bassement et injustement Allâh. Comme nous avons embelli aux yeux de ces gens l'amour de leurs idoles, l'oeuvre de chaque communauté dépendra de ses prédispositions, ensuite tous seront destinés à revenir vers Allâh Seul le Jour de la Résurrection. Alors Il leur fera connaître leurs actions et les rétribuera selon leurs oeuvres. »


« Allâh interdit au Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et aux croyants d'insulter les idoles des associateurs. » [Ibn Kathîr dans son Tafsîr]. 


Al Imâm Muhammad At Tabarî (qu'Allâh l'agrée) a dit : « Allâh adresse [...] à Son Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et à tous ceux qui croient en Lui, l'ordre suivant : « N'insultez pas ceux qu'ils invoquent en dehors d'Allâh », c'est-à-dire les divinités et les parèdres de ces associateurs, car « ils insulteraient Allâh par hostilité sans avoir la moindre science » à cause de l'ignorance dans laquelle ils sont vis-à-vis de leur Seigneur. »


En effet, comme le dit Sayyidunâ 'Abdu Llâh Ibn Al 'Abbâs (qu'Allâh les agrées), les polythéistes parmi les Mecquois menacèrent d'insulter Allâh si les insultes envers leurs idoles ne cessaient pas. Ils dirent : « Muhammad, ou tu cesses d'insulter nos dieux, ou bien nous insulterons ton Maître. »


Al Imâm Qatâdah (qu'Allâh l'agrée) a dit : « Les Musulmans insultaient les idoles des impies et ceux-ci leur renvoyaient leurs insultes [en les appliquant à Allâh] ; ainsi Allâj leur interdit-Il d'être la cause que leur Seigneur soit insulté, car ces gens sont des ignorants sans aucun savoir au sujet d'Allâh. »


« […] car suite à cela, leur colère pourrait les amener à vouloir vous irriter en insultant bassement et injustement Allâh [...] »


Al Imâm As Suddî (qu'Allâh l'agrée) narra l'histoire suivante :


« Quand Abû Tâlib fut sur le point de mourir, les Qurayshites décidèrent d'envoyer l'un des leurs auprès de lui pour lui ordonner d'interdire à son neveu (Sayyidunâ Muhammad) de s'en prendre à eux car ils disaient : « Nous n'oserions pas le tuer après la mort de son oncle ; les Arabes diraient ensuite que son oncle empêchait cela tant qu'il était en vie et voilà qu'une fois mort, ils n'hésitent pas tuer son propre neveu ! »


C'est ainsi qu'Abû Sufyân, Abû Jahl, An Nadar Ibn Al Hârith, Umayyah et Ubayy - les deux fils de Khalaf - 'Uqba Ibn Abî Mu'ayt, Amru Ibn Al 'Âs et Al Aswad Ibn Al Bakhtarî envoyèrent auprès d'Abû Tâlib l'un d'eux, un dénommé Al Muttalib en lui recommandant de lui demander s'ils pouvaient entrer auprès de lui [afin de venir le voir]. Quand il entre auprès de lui, il lui dit : « Voilà les notables de la tribu qui désirent entrer auprès de toi, accorder-le leur ! »


[Il accepta et] arrivés en sa présence, ils lui tinrent ces propos : « Ô Abû Tâlib ! D'entre nous tu es le doyen et le seigneur (sayyid). Or Muhammad nous fait du tort et fait du tort à nos divinités. Nous aimerions que tu le fasses venir et que tu lui interdises de faire mention de nos divinités ; dans ce cas, nous le laisserions lui et son Dieu. »


Abû Tâlib invita donc le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) à venir. Quand il arriva, il lui dit : « Voilà les gens de la tribu, les fils de ton oncle. »


- « Que voulez-vous ? »


- « Nous voulons que tu nous laisses tranquilles, nous et nos divinités, et nous te laisserons tranquille toi et ton Dieu. »


- « Ta tribu te donne un conseil juste, accepte-le. » Lui dit Abû Tâlib.


- « Qu'en pensez-vous si je vous accorde cela ? Est-ce que vous accepteriez aussi de recevoir une Parole grâce à laquelle, si vous la dites, vous dominerez les Arabes et verrez les étrangers se soumettre à vous en acquittant un impôt ? »


- « Bien entendu ! Par ton père ! Nous te l'accorderons et même dix choses semblables ! Et quelle est donc cette parole ? »


- « Que vous dites : Lâ Ilâha Illa Llâh (Il n'y a de divinité qu'Allâh). »


Comme ils se récriaient et se crispaient, Abû Tâlib dit à l'Envoyé : « Dis autre chose que cette Parole, car la tribu en est épouvantée. »


Il répondit : « Ô mon oncle, je ne suis pas quelqu'un qui dira autre chose que cela quand bien même ils m'apporteraient le soleil pour le mettre en ma main, et même si ils [en seraient capable,] me l'apporteraient et le mettaient en ma main, je ne dirais rien d'autre ! »


Le Prophète voulait ainsi les décourager, mais malgré tout, ils s'emportèrent et s'exclamèrent : « Cesse totalement tes invectives contre nous et contre nos divinités ou sinon c'est nous qui t'accablerons d'invectives toi et Celui qui te donne des ordres ! »


C'est à cela que correspond ce passage : « […] ils en insulteraient Allâh, par hostilité, sans avoir la moindre science à Son sujet. ». »


Et que L'Agrément d'Allâh soit sur Sayyidunâ Abû Sufyân Ibn Harb et sur Sayyidunâ Amru Ibn Al 'Âs, qui à l'inverse de tous les autres mecquois polémiquant avec le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), se convertirent à l'Islâm et honorèrent Allâh jusqu'à leurs morts.


« […] Comme nous avons embelli aux yeux de ces gens l'amour de leurs idoles, l'oeuvre de chaque communauté dépendra de ses prédispositions, ensuite tous seront destinés à revenir vers Allâh Seul le Jour de la Résurrection. Alors Il leur fera connaître leurs actions et les rétribuera selon leurs oeuvres. »


Al Imâm Muhammad At Tabarî (qu'Allâh l'agrée) conclut l'exégèse de ce verset en disant :


« Allâh dit ensuite : de même qu'à ces associateurs, Nous avons embelli le culte des idoles et l'obéissance au diable en les rejetant ainsi hors de l'obéissance à Ar Rahmân, « ainsi pour chaque communauté » dont les hommes se rassemblent soit sur d'une oeuvre d'obéissance à Allâh, soit sur une oeuvre de désobéissance, « Nous embellissons leur oeuvre » sur laquelle ils se sont réunis « et ensuite c'est vers leur Seigneur qu'ils retourneront, et là Il leur fera savoir la réalité de ce qu'ils faisaient ». Il les arrêtera et les informera de ce qu'impliquent réellement leurs oeuvres qu'ils auront accomplis dans ce monde, puis Il les sanctionnera en conséquence, en bien pour celui qui a agi en bien, en mal pour celui qui a agi en mal, ou en faisant grâce pour tout ce qui n'aura pas été une association [à Lui] ou une mécréance. »


Al Ikhwân Ut Tawhîd.



Article ajouté le 2009-01-18 , consulté 44 fois

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