[Première Vie] La création de l'Homme et son origine ('Abdu Llâh Al Haddâd)

Al Imâm Al Habîb 'Abdu Llâh Al Haddâd (qu'Allâh l'agrée) a dit :


La première vie commence quand Allâh crée Âdam (sur lui La Paix) et quand sa progéniture est confiée à ses reins bénis, à la fois les Gens de la Droite et les Gens de la Gauche [1], à savoir les Gens des deux poignées. [2]


Alors Allâh fit sortir cette progéniture des reins de Âdam, tous à la fois, pour prendre le pacte par lequel ils reconnaissent Son Unicité et Sa Seigneurie. A cet événement, qui eut lieu à Nu'mân, une vallée située près de 'Arafâh, il y est fait allusion dans Sa Parole (Exalté soit-Il) [qui dit] : « Quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d'Âdam, Il les fit témoigner contre eux-mêmes : « Suis-Je votre Seigneur ? » Ils dirent : « Oui ! Nous l'attestons ! » Et cela pour que vous ne disiez pas au Jour de la Résurrection : « Nous avons été pris au dépourvu. ». » [Sûrah 7 – Âyah 172]. Le verset suivant y fait également référence. [3] On rapporte dans un hadîth que lorsqu'Il prit le pacte, Il l'enregistra par écrit et l'introduisit dans la pierre noire. Et c'est le sens de ce que disent ceux qui touchent la pierre noire durant les circambulations autour de la Maison Antique : « Ô Allâh ! Nous faisons cela parce que nous croyons en Toi, que nous accomplissons la promesse que nous T'avons faite et que nous déclarons la véracité de ce que Tu as enregistré ! »


A cause de ces choses, il ne peut y avoir aucun doute sur le fait que la progéniture possédait l'existence, l'ouïe et la parole. Tout cela, cependant, était à un degré, ou dans des dimensions de l'existence, autres que ceux de ce bas-monde. Les degrés d'existence sont innombrables, ainsi que le savent parfaitement ceux qui connaissent l'Existence.


On rapporte que le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) était déjà un Prophète quand Âdam était encore entre l'eau et l'argile, et qu'il accompagna Âdam quand ce dernier fut descendu [du Paradis], Nûh quand il embarqua dans l'Arche et Ibrâhîm quand il fut jeté dans le feu de Nimrod. Bien que cela s'applique à toute la progéniture portée dans les reins des Prophètes que l'on vient de citer (sur eux La Paix) l'existence du Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) à ce degré était plus parfaite et plus complète. Peut-être cela consistait-il en une connaissance et une conscience de ce qui arrivait, qui lui resta jusqu'à ce qu'il apparaisse dans ce bas-monde. Cette parole qu'il a prononcé était faite pour le distinguer des autres à travers ce qui lui était spécifique. Quant au reste de la progéniture, il est possible qu'ils aient eu une sorte de conscience au moment de ces évènements, en particulier au moment où ils firent le pacte, mais ni cette conscience ni la connaissance ne subsistèrent en eux comme e fut le cas en lui (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui).


La progéniture était sans nul doute dans les reins d'Âdam dès le Jardin, ainsi que le prouvent le hadîth de l'intercession : « Vous a-t-Il expulsés du Jardin sinon pour le péché de votre père Âdam ? » et le débat entre Mûsâ et Âdam (sur eux La Paix) : « Tu es celui à cause de qui les gens ont été expulsés du Paradis en rainson de tes péchés. » [Muslim].


On raconte que lorsqu'Allâh les fit sortir des reins d'Âdam, les Anges virent qu'ils remplissaient toutes les plaines et toutes les collines, et ils dirent : « Ô notre Seigneur ! Le monde ne suffira pas à les contenir ! » Mais Il dit : « Je vais créer la mort. » A cela ils répondirent : « Alors ils ne seront jamais heureux dans la vie. » Il dit : « Je vais créer l'espoir. »


Et on rapporte que quand Allâh prit la progéniture d'Âdam de ses reins, Âdam vit un individu parmi eux qui était particulièrement beau, aussi demanda-t-il de qui il s'agissait, et il lui fut dit : « C'est ton fils Dâwûd, sur lui La Paix. » Et Âdam demanda à son Seigneur : « Quelle durée de vie lui as-Tu accordée ? » Allâh (qu'Il soit exalté) répondit : « Soixante années. ». Âdam demanda que la durée de vie de Dâwûd soit augmentée, et il lui fut répondu que c'est ce qu'Il avait déjà écrit, aussi dit-il : « Je souhaite lui donner quarante ans de ma propre vie. » Et Allâh avait déjà inscrit un millier d'années pour la vie d'Âdam. Ce hadîth est bien connu.


Et quand Mûsâ (sur lui La Paix) vit dans la Torah la description d'une nation digne de louanges possédant de nobles attributs, il demanda qui étaient ces gens et qui était leur Prophète, et il supplia Allâh d'en faire sa propre nation. Il lui fut dit : « C'est la nation de Ahmad ». Il demanda alors à Allâh de lui montrer cette nation, et Allâh la fit apparaître devant lui […].


Il est évident, à partir de ce que nous avons mentionné, et aussi à partir d'autres choses que nous n'avons pas citées, que la progéniture avait, avant d'apparaître dans le monde, une existence approprié à son degré de connaisance, et que le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) avait une existence plus parfaite et complète. Al 'Abbâs, l'Oncle du Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), y fait allusion dans quelques vers dans lesquels il fait la louange du Prophète :


« Autrefois, tu étais bien, à l'ombre, [4]

contenu, là où la feuille de figuier servit à couvrir..

Puis tu descendis sur terre, non comme un homme bien formé,

ni comme un morceau de chair, ni comme un caillot

mais plutôt comme une semence [5] portée dans l'Arche,

une fois Nasr anéanti et ses gens submergés [par le déluge].

Tu fus porté des reins aux ventres [des ancêtres],

d'un monde qui passe à un autre qui suit,

jusqu'à ce que ta Maisonné bien gardée contienne

Khindif l'exaltée, protégée par ses voiles.

Quand tu naquis, la terre s'illumina

et de ta lumière les horizons rayonnaient.

C'est toujours en cette lueur que nous vivons,

en la lumière, tout en prenant les chemins de la sagesse. » [6]


Nasr était une idole du peuple de Nûh, alors que Khindif était la femme de Ilyâs Ibn Mudâr, et donc une ancêtre du Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui).


On rapporte que Âdam (sur lui La Paix) entendait la lumière du Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), glorifiant Allâh alors qu'il était dans ses reins, faisant un bruissement comme celui des oiseaux, jusqu'à ce que Eve soit enceinte de Shîth (que La Paix soient sur eux deux). Alors cela lui fut transmis, puis à Shîth, puis de reins purs en ventres rayonnants jusqu'à ce que le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) apparaisse entre ses deux parents, intact de la saleté de la boue de l'Âge de l'Ignorance (Al Jâhiliyyah). A cette époque, des formes de mariages invalides étaient pratiquées, mais Allâh le tint à l'abri de telles choses, et il dit (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) : « Je suis issu de mariages, non d'un acte d'impureté. »


Ibn 'Abbâs (qu'Allâh soit satisfait de lui) a commenté le verset : « Il te voit quand tu te tiens debout et Il voit ton parcours en ceux qui se prosternent. » [Sûrah 26 – Âyat 218 – 219], en disant qu'il fait allusion à sa transmission (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), de Prophète en Prophète, comme entre autres Ismâ'îl, Ibrâhîm, Nûh, Shîth et Âdam (que La Paix soient sur eux tous). Il n'y a, à ce sujet, aucun désaccord [entre les Savants].


Quant à sa rencontre avec Âdam dans le ciel terrestre, elle se situe durant le Mi'râj, c'est-à-dire durant sa vie en ce monde et alors qu'Âdam était dans le monde intermédiaire.


En ce qui concerne ces êtres qu'il vit à droite et à gauche d'Âdam (que La Paix soit sur lui) et dont il lui fut dit, en réponse à sa question, qu'il s'agissait des âmes de ses enfants, il est possible que ce soit ceux d'entre eux qui étaient morts et dont les actes qui les caractérisaient étaient apparus, mais il y a d'autres possibilités envisageables.


Finalement, la rencontre de Mûsâ et Âdam (que La Paix soit sur eux deux) au cours de laquelle leur débat prit place, peut avoir eu lieu quand l'un et l'autre étaient dans le monde intermédiaire (Al Barzakh). Il y a d'autres possibilités, et Seul Allâh sait mieux la réalité de tout cela.


Fin de citation.


Source : Les Vies de l'Homme de l'Imâm 'Abdu Llâh Al Haddâd (qu'Allâh l'agrée). Traduit et édité aux éditions Al Bouraq.


Notes :


[1] Les Gens de la Droite (As-hâb Ul Yamîn) sont ceux dont la destinée sera belle et pure et qui les conduira au Paradis, tandis que les Gens de la Gauche (As-hâb Ush Shimâl) sont ceux qui sont voués à l'Enfer.


[2] Sayyidî Mustafâ Al Badawî a dit : « L'expression « les deux poignées » fait référence au fameux hadîth où un homme mourant dit : « J'ai entendu le Messager d'Allâh (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) dire : « Allâh (Bénit et Exalté soit-Il) prit une poignée dans Sa main droite et dit : « Voici pour ceci (le Jardin), et cela M'est égal. » Puis Il prit une autre poignée dans Sa main gauche et dit : « Voici pour cela (le Feu), et cela M'est égal. » Et je ne sais dans laquelle des deux poignées je suis. »» [Ibn Hanbal – Tome 5]. »


Rappelons que les termes « main droite » et « main gauche » ne sont que des métaphores exprimant, ici, La Volonté d'Allâh qui amène soit les gens au Paradis, soit en Enfer. Allâh n'étant pas un corps et ne ressemblant en rien à Sa création.


[3] Il s'agit du verset 173 qui dit : « Ou que vous ne disiez pas : " Nos pères étaient autrefois idolâtres, nous sommes leurs descendants. Nous feras-tu périr à cause des actions accomplis par des menteurs ? ". »


[4] Sayyidî Mustafâ Al Badawî a dit : « L'ombre est ici l'ombre des arbres du Paradis où le premier ancêtre du Prophète, Âdam, vivait avant son expulsion [du Paradis]. »


[5] Sayyidî Mustafâ Al Badawî a dit : « La semence contenue en Nûh quand il fut sauvé de l'Arche. »


[6] Sayyidî Mustafâ Al Badawî a dit : « Ces vers ont été transmis par le Muhaddîth Al Hâkim dans son recueil de Ahâdîth « Al Mustadrak » (3 ; 327). Al Imâm Adh Dhahabî, qui fait autorité en matière de Ahâdîth, confirma qu'ils étaient authentiques. Nous avons ajouté les deux derniers vers, que l'Imâm Al Haddâd avait omis, concerné qu'il était à montrer que la progéniture a une existence bien définie avant d'apparaître en ce monde. Ce poème fut récité en la présence du Prophète, qui loua son oncle 'Abbâs pour l'avoir composé, confirmant ainsi la vérité de tout ce qu'il contient. »



Article ajouté le 2009-01-18 , consulté 95 fois

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