Sûrah 103 - Al 'Asr (Kianî Al Hanafî)

Ash Shaykh Tâhir Mahmûd Kianî Al Hanafî (qu'Allâh le bénisse) a dit :


Se prémunir de la Perdition


La Sûrat Ul 'Asr, « Le Temps » est une courte Sûrah qui nous offre un profond rappel. Elle nous enseigne que à quel point l'homme s'expose à souffrir de la perte ultime s'il ne sait gérer son temps convenablement, et nous indique la manière dont il peut éviter toute perte en utilisant ce temps avec sagesse. On y trouve recensés tous les éléments de la réussite de la vie individuelle et sociale.


Al Imâm Ash Shâfi'î (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a - à très juste titre - dit que si les gens méditaient cette Sûrah attentivement, cela seul suffirait pour leur guidée.


La Sûrah dit :


1 - « Par le Temps !

2 - L'homme est certes, en perdition,

3 - Sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres, s'enjoignent mutuellement [à diffuser] la vérité et s'enjoignent mutuellement l'endurance. »


En d'autres termes : La rapidité de l'écoulement du temps témoigne du fait que : tant qu'ils n'ont pas foi en l'Islâm, ne l'adoptent pas comme mode de vie, n'accomplissent pas

de bonnes oeuvres, ne s'enjoignent pas mutuellement à la Vérité (et la Droiture), et ne s'encouragent pas à la persévérance et à l'endurance, les hommes courent à leur perte la plus totale.


Témoignage du temps


La Sûrah débute par une référence au Temps, introduite ici afin de démontrer à

l'homme qu'il sera perdant s'il ne réalise pas la véritable valeur du temps qui lui est

accordé.


L'importance liée au temps est non seulement mise en évidence par le fait qu'il soit

cité dans le Noble Qur°ân, ce qui en soit est fort significatif, mais également (et

d'autant plus), par le fait que Le Créateur Exalté jure par lui, le prend à témoin d'un

serment, l'explique, et lui consacre une Sûrah éponyme entière.


Le temps est la plus précieuse des ressources que l'homme ait en sa possession et

ceux qui en ont saisi la valeur véritable ont des expressions telles que : « Le temps

c'est de l'argent » ou « Le temps est une richesse ».


Sa réserve est définie et limitée. La quantité maximale dont nous en disposions, est

notre durée de vie, qui elle-même ne peut être connue de personne et dont la fin peut advenir à tout moment, que nous y soyons préparés ou non, à cause de sa nature imprévisible.


Le temps est une ressource non renouvelable : chaque instant éteint, l'est

définitivement. Il ne peut être rattrapé, ni se répéter et on ne peut l'arrêter. Que nous l'utilisions à notre avantage ou non, il passe, et passe rapidement. Jette donc un oeil à la trotteuse de ta montre, et voit comme chaque déplacement et chaque bruit de l'aiguille annonce le passage du temps déjà partit pour toujours... Et ce cliquettement de l'aiguille indiquant les secondes qui passent n'est qu'un piêtre indicateur de la vitesse avec laquelle s'écoule le temps. En l'espace d'une seule seconde, la lumière a parcouru 186 000 miles, un ordinateur a exécuté un million d'instructions, la ville de Batley (et tout le reste sur la terre) s'est déplacé d'approximativement 429 mètres vers l'Est (du fait de la rotation de la terre sur son axe), et la BP a fait un beau bénéfice qui se compte en milliers. Maintenant imagine le mouvement d'un cortège ininterrompu de millième de secondes se déplaçant clairement sur la bande d'un télescripteur électronique. C'est à cette vitesse que nous allons vers la fin de notre temps : notre mort.


Il apparaît donc indéniable que notre succès repose sur une utilisation judicieuse,

efficace, et bénéfique de notre temps. Plus une personne est doué à cela, plus il est un gagnant et un victorieux, alors qu'au contraire plus il est mauvais à l'utilisation de son temps, plus il est un perdant.


Le temps déjà écoulé est devenu de l'histoire, et l'histoire des nations est retenue et

mémorisée afin d'y puiser leçons et enseignements. C'est à cette même fin que le

Noble Qur°ân nous rappelle, à maintes reprises, le sort des nations qui nous ont

précédés. « N'avez-vous pas entendu parler de ces personnes ? N'avez-vous pas

entendu parler de celles-ci ? N'avez-vous pas entendu parler des 'Âd, des Thamûd, du peuple de Sabâ, des Sumériens, des Minoens et de leurs semblables ? »


Cette Sûrah présente le temps comme un élément qui, si on le médite bien, démontre que ceux qui n'utilisent pas convenablement leur temps limité mais si précieux sont d'énormes perdants. Si une personne devait rester à écouter le décompte de chaque seconde de sa montre comme le son de l'inéluctable, chaque tic et chaque tac lui donnerait des frissons dans le dos, si elle comprenait seulement qu'elle avait désormais moins de temps en sa possession pour oeuvrer dans le bien et d'en obtenir les récompenses qu'il y a quelque tic et tac plus tôt.


De ce point de vue, la position de l'homme en ce monde est comparable à celle d'un

marchand de glace qui, se trouvant dans un climat torride, voit sa marchandise

fondre au soleil. Aussi, le commerçant avisé vendra sa marchandise le plus

rapidement possible, gagnant ainsi des profits, alors que le sot restera passif à

regarder sa glace fondre et partir en ruine et perte.


La signification profonde et l'essence de la Sûrat Ul 'Asr, renvoie à la fois à la nature

fuyante temps (la vitesse avec laquelle il passe) et au temps passé qui est devenu de

l'histoire.


L'aspect historique du temps nous met face à l'évidence que Allâh (que Sa Puissance soit magnifiée et Sa Majesté soit sanctifiée) traite toujours les communautés selon leur comportement collectif. Ont prospéré les nations qui ont accomplis des oeuvres pies et qui ont agis avec honnêteté et droiture, mais ont

échoués celles qui étaient mauvaises, injustes et corrompues (c'est-à-dire qui n'ont pas évolué en conformité avec la Voie, l'Ordre d'Allâh). C'est en raison de leur

comportement « non-Islamique », que ces sociétés ont perdu leur paix et leur ordre,

et se sont alors affaiblies, sont tombées en ruines, ou furent envahies par les autres. A maintes reprises, après s'être vu accordé un délai imparti ils étaient puni et détruits. Ils sont pour nous un rappel dont le temps, lui-même, témoigne.


La nature fuyante du temps nous rappelle que nous sommes sur cette terre pour être testés durant une période définie qui s'écoule rapidement. Nous pouvons trouver une illustration de notre propos dans les salles d'examen des écoles, et les halls des universités et autres centres d'étude, où le temps, comme cela est clairement annoncé, est une partie de l'examen ou du test en lui même.


Pour réussir le test, nous devons vivre notre vie de la manière dont notre Seigneur, Le Créateur, veut que nous vivions. Chaque instant passé en dehors de l'obéissance à Allâh (que Sa Puissance soit magnifiée et Sa Majesté soit sanctifiée) est une opportunité perdue à jamais et ceux qui persistent à gâcher l'opportunité de consacrer leurs instants à la droiture, la piété et la vertu, sont ceux qui sont « certes en perdition ». De ce point de vue, nous sommes comme les étudiants durant leur épreuve écrite. Le temps non consacré à se focaliser sur les questions de l'épreuve est un temps gaché qui aura pour conséquence la perte de points et une mauvaise note. Notre situation est d'ailleurs bien plus délicate encore, car nous ignorons même à quel moment notre mort peut mettre un terme à l'examen de notre vie. Nous ne pourrons jamais avoir la possibilité de rattraper le temps perdu dans l'oubli.


Le fugacité du temps souligne également un autre aspect. Durant ce bref passage

sur terre, le sage endure les désagréments éphémères de vivre conformément aux Commandements d'Allâh (que Sa Puissance soit magnifiée et Sa Majesté soit sanctifiée) s'assurant ainsi de grandes récompenses pour l'éternelle vie de l'Au-Delà. Le perdant quant à lui, sombre pour la satisfaction instantanée et transitoire, se privant par la même de la promesse du succès éternel.


Les moyens du Salut :


La Sûrat Ul 'Asr insiste donc principalement sur quatre éléments-clés du succès qui

sont : la foi (al imân), l'accomplissement d'oeuvres pies et durables, la lutte commune pour la Vérité et l'encouragement mutuel à la patience et à l'endurance.


De cette courte Sûrah nous apprenons donc que pour éviter d'être perdants, nous

devons :


1) Investir notre temps dans la poursuite d'objectifs et selon une manière conformes à notre foi en l'Islâm comme véritable mode de vie ;


2) Accomplir des actes positifs, durables et visant à atteindre l'excellence spirituelle et morale, ainsi que des actes menant à l'amélioration et à l'essor de la société, comme nous y exhortent le Qur°ân et la Sunnah ;


3) S'efforcer et lutter ensemble pour la Cause de la Vérité et pour la promotion de la Vérité ce qui inclut la foi en l'Islâm, les bonnes actions ainsi que l'équité, la justice et la vérité ; et s'encourager mutuellement à respecter et accomplir nos obligations et responsabilités ; et enfin


4) Rester constants et patients dans l'accomplissent des trois éléments précédents et s'encourager mutuellement à cette fin.


Ces quatre facteurs sont primordiaux pour notre réussite et sont intimement liés et

interdépendants. La foi véritable se manifeste au travers des actions d'un individu

ayant fait des bonnes actions son mode de vie ; et une personne qui aime sa foi et son mode de vie, les promeut tous deux dans la société, désireuse qu'elle est de les voir appréciés et adoptés, et avec espoir de voir les gens se dresser et oeuvrer avec rigueur et persévérance pour pour eux.


Tout cela est un tout et doit être considéré ainsi pour le succès et le salut. Le temps et les ressources dont chacun dispose doivent également être dépensés en vue de créer un environnement et une dynamique pour la promotion de la Vérité et de la

persévérance, ainsi qu'à l'espoir de la réussite grâce à Allâh (que Sa Puissance soit magnifiée et Sa Majesté soit sanctifiée) sur la base de la foi et des bonnes oeuvres. Si le chemin de la réussite commence avec la foi, il doit nécessairement se poursuivre en remplissant les trois autres conditions de manière simultanée. Nous ne pouvons attendre de maîtriser l'une d'elles avant de passer à une autre, mais nous devons chercher à nous accomplir dans chacune d'entre elles en même temps, et donc, pour ainsi dire, de pratiquer la piété, promouvoir la Vérité, appeler à la patience, et s'enjoindre mutuellement à le faire. C'est alors seulement que nous pourrons éviter notre perte et gagner le salut.


Fin de citation.


Texte original en Anglais : http://www.marifah.net/articles/tafsirsuratalasr-tmkiani.pdf.



Article ajouté le 2009-02-15 , consulté 90 fois

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