An Nafs (Al Qushayrî)

An Nafs – L'âme.

Al Imâm 'Abd Ul Karîm Al Qushayrî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :


« Dans la langue arabe, l'âme d'une chose est son être. Mais, quand les Sûfî prononcent le mot « âme », ils ne font allusion ni à l'être ni à un corps. Plutôt, ils désignent les déficiences dans les traits de caractère de l'homme, ainsi que ses mœurs et ses actes répréhensibles. Les déficiences dans les traits de caractères sont de deux types :

* tout d'abord ceux que l'homme acquiert par lui même, c'est a dire ses actes de désobéissance et ses péchés,

* et ensuite ses mœurs de base. Ils sont blâmables en eux-mêmes et par eux-mêmes. Toutefois, quand un homme cherche à en guérir et à les combattre, ces mauvaises mœurs s'éteignent en lui au terme d'un effort ardu et ininterrompu.

Le premier groupe de caractéristiques de l'âme est tout ce qui est interdit ou déclaré douteux de manière absolue [par la Sharî'ah].

Le second groupe est celui des imperfections de l'âme et de sa basse condition générale. Pour ce qui est des caractères concrets, ce sont l'orgueil, la colère, le mépris, l'envie, le mauvais tempérament, l'intolérance, et les autres caractères semblables. Toutefois, la caractéristique la plus difficile et la plus méprisable de l'âme est qu'elle imagine qu'il y a du bien en elle et qu'elle mérite le respect [pour cela]. C'est pourquoi ces attributs sont parfois considérés comme du polythéisme subtil (ou caché).

Pour améliorer son caractère moral ; l'homme doit renoncer à son âme et essayer de la briser. La meilleure façon de le faire est d'avoir recours aux rigueurs de la faim, de la soif, de la veillée, et d'autres types d’exercices qui mènent à l'affaiblissement de son pouvoir. Toutes ces pratiques font partie du renoncement à l'âme. [1]

Toutefois, l'âme peut aussi signifier une substance subtile placée dans le corps [de l'homme] qui est le réceptacle des traits de caractère blâmables de la même façon que l'esprit est une substance subtile placée dans le corps, qui est le réceptacle des traits de caractère louables. Tous ces éléments sont soumis les uns aux autres, et leur somme totale constitue un être humain. L'âme et l'esprit sont des substances subtiles résidant dans une même forme de la même façon que les anges et les démons sont caractérisés par la subtilité. C'est également le cas pour l'œil qui est le réceptacle de la vue, l'oreille qui est le réceptacle de l'ouïe, le nez qui est le réceptacle de l'odorat, et la bouche qui est le réceptacle du goût. L'entité qui entend, voit, sens ou goûte constitue un tout qui est l'être humain. De même, le cœur et l'esprit sont les réceptacles des caractères louables, tandis que l'âme est le réceptacle des caractères blâmables. En même temps, l'âme est une partie du tout, et le cœur est une partie du même tout. Aussi, le nom et la propriété se retrouvent dans ce même tout. »

Source : Ar Risâlah Al Qushayrîyyah fî 'Ilm Ut Tasawwuf de l'Imâm Al Qushayrî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).

Note :

[1] On peut aussi noter d'autres méthodes telles que les invocations bénéfiques du Qur°ân et de la Sunnah, des adhkâr (pluriel de dhikr) spécifiques ect qui aideront l'âme à se purifier et à taire ses vices.

Al Ikhwân Ut Tawhîd.



Article ajouté le 2009-02-18 , consulté 67 fois

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