Quand avoir recours au Ta°wîl et au Tafwîd (Ibn 'Asâkir)
Al Imâm Al Hâfiz 'Alî Ibn 'Asâkir Ash Shâfi'î (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :
« S'ils (les Sunnites) sont confrontés à quelqu'un qui parle d'une manière qui implique le Tajsîm (le corporalisme) ou le Takyîf (le comment) parmi les Mujasimâ et les Mushabbihâ (les anthropomorphistes et ceux qui assimilent Allâh à ses créatures), ou encore à ceux qui prêtent à Allâh des attributs des choses générées (al muhdatât) parmi ceux qui parlent de Limites et de Direction [concernant Allâh], à ce moment là ils suivront la voie du Ta°wîl (interprétation), ils exempteront Allâh [de ce que les hérétiques Lui ont attribué] avec les arguments les plus évidents, ils s'efforceront de témoigner à Allâh toute sacralité et L'exempter de toute ressemblance, par crainte que ne tombe dans les ténèbres de l'anthropomorphisme quelqu'un de faible connaissance.
Mais s'ils (les Sunnites) sont à l'abri de telles conséquences, ils préféreront garder le silence (at tafwîd), et éviteront le Ta°wîl, sauf en cas de nécessité. Leur exemple – dans cette attitude – est comparable au médecin doué qui guérit chaque maladie avec ce qui lui convient le mieux comme remède, si le malade souffre d'hypothermie, il lui prescrira des remèdes provoquant des hausses de température, et l'inverse s'il souffre d'hyperthermie. Cet exemple est similaire à ce que l'on rapporte de Sufyân [Ath Thawrî] qui a dit : « Si tu te retrouves au Sham (Syrie) alors vante les mérites de Âli (qu'Allâh l'agrée), et si tu te retrouves à Kûfâ (en 'Irâq) alors vante les mérites de 'Uthmân (qu'Allâh l'agrée). »
L'exemple de celui qui fait le Ta°wîl moyennant des arguments logiques est comparable au nageur, il n'a nullement besoin de nager quand il est sur la terre ferme, mais s'il se trouve en pleine mer, que celle-ci commence à se déchaîner, qu'il constate la forte agitation de ses vagues et que souffle un vent violent détruisant son embarcation, à ce moment là il nagera de toutes ses forces cherchant le salut, et ne négligera aucun effort par volonté de survie ; ceci est l'exemple du monothéiste, tant qu'il suit la voie de la sacralité et de l'exemption [d'Allâh de tout mauvais qualificatif], tant qu'il est à l'abri de l'anthropomorphisme, il n'a nullement besoin de faire du Ta°wîl, grâce à son dogme sain de tout anthropomorphisme et de toutes contres vérités.
Mais si la pureté de son dogme a été altérée par l'impureté du Takyîf (le comment vis-à-vis d'Allâh) et de l'anthropomorphisme, alors il faut purifier son cœur par la passoire du Ta°wîl, assainir sa raison par les filtres des arguments valides pour que son dogme soit exempt de tout anthropomorphisme ou de Tâ'til (négation d'attributs). »
Fin de citation.
Source : At Tabyîn Kadhib Ul Muftarî de l'Imâm 'Alî Ibn 'Asâkir Ash Shâfi'î (qu'Allâh lui fasse miséricorde).
