[Fiqh] Réfutation de Ibn Taymiyyah et de son interdiction de faire le Tawassul par le Prophète (Al Haytamî)
Al
Imâm Ahmad
Ibn Hajar
Al Haytamî, le Muftî
de le Mecque de son temps et l'une des plus hautes autorités de
l'Ecole Shâfi'ite, répondit en ces termes à l'objection de Ibn
Taymiyyah par rapport à la pratique du Tawassul dans Al
Jawhar Ul Munazzam
:
«
Parmi les contre-vérités de Ibn Taymiyyah que personne n'a dites
avant lui, et qui a créé des dissensions au sein des adeptes de
l'Islâm, [figure] sa dénonciation du Tawassul (demande par
intermédiaire) et de l'Istighâthah (demande de secours) par lui [Le
Prophète] (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui), alors
que ce n'est pas ce qu'il a décrété (à savoir que c'est
interdit). Le Tawassul par lui est plutôt un bien en toute situation
: avant et après sa création, dans cette vie (dunyâ) et dans
l'Au-delà (al âkhirah).
Parmi ce qui prouve le Tawassul par
lui (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) avant sa
création et qu'il s'agit de la voie des Pieux Prédécesseurs (As
Salaf Us
Sâlih),
des Prophètes, des Saints (Awliyâ) et des autres – et donc que le
point de vue d'Ibn Taymiyyah n'a aucun fondement et est un produit de
sa propre fabrication – se trouve la parole qui est rapportée et
authentifiée par Al Hâkim
:
«
Lorsque Âdam (que La Paix soit sur lui) commit son erreur, il dit :
« Ô
mon Seigneur, je Te demande de me pardonner par le droit de
Muhammad. »
Allâh a dit : « Ô Âdam, comment connais-tu Muhammad alors que Je ne l'ai pas encore créé ? »
Âdam répondit : « Ô mon Seigneur, après que Tu m'aies créé de Tes mains et insufflé en moi de Ton Esprit, j'ai levé ma tête et ai vu écrit sur les hauteurs du Trône : « Lâ ilâha illa Llâh Muhammadun~Rasûlu Llâh ». Et j'ai alors compris que Tu ne placerais près de Ton Nom que le plus aimé de Ta création. »
Allâh
dit : « Ô
Âdam, Je t'ai pardonné, et n'eût été Muhammad,
Je ne t'aurais pas créé. ». »
Le
signification de « par
son droit
-
bi
haqqihi »
est
son rang et sa station auprès de L'Exalté, ou le droit (haqq)
qu'Allâh (qu'Il soit glorifié et magnifié) lui a accordé sur la
création, ou encore le droit qu'Allâh (exalté soit-Il) S'est tenu
de lui accorder par Sa grâce comme dans le hadîth
sahîh
:
« il
a dit : quel est le droit des serviteurs sur Allâh ? [...] »
et
non du droit qui s'impose à Allâh puisque rien ne s'impose à
Lui.
Ensuite, demander par lui (que Le Salut et La Paix
d'Allâh soient sur lui) est différent de lui demander des choses
telles que cela pourrait être considéré comme de
l'associationnisme. Il ne s'agit en réalité de rien d'autre que de
demander à Allâh (qu'Il soit exalté) par celui qui possède un
haut prestige, un rang élevé et une grande distinction auprès de
Lui. Parmi ses miracles (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur
lui) accordés par son Seigneur, le fait qu'Il ne refuse pas
[d'exaucer] celui qui demande par lui, en le prenant comme
intermédiaire vers Lui par son rang. Il suffit comme humiliation
pour le négateur d'être privé de cette bénédiction.
[Parmi
les preuves du Tawassul par le Prophète] durant sa vie, se trouve ce
qui nous a été transmis par An Nasâ'î et At Tirmidhî qui l'a
authentifié :
Un homme affligé (aveugle) est allé voir le
Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et dit :
« Invoque
Allâh afin qu'Il me soigne ».
Il répondit : « Si tu veux j'invoquerai en ta faveur, et si tu veux tu peux patienter et cela sera meilleur pour toi ».
Il a dit : « Invoque-le ».
Et dans une autre version : « Je n'ai pas de guide et cela est difficile pour moi », alors le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) lui a ordonné d'accomplir parfaitement les ablutions et d'invoquer par ces paroles : « Ô Allâh, Je Te demande et me tourne vers Toi par mon Prophète Muhammad, le Prophète de la Miséricorde. Ô Muhammad, je recherche ton intercession pour mon besoin afin qu'Il soit satisfait. Ô Allâh ! Accepte son intercession en ma faveur ! ».
Al
Bayhaqî
l'a également authentifié et a ajouté :
« Il
s'est levé et a retrouvé la vue »,
et dans une autre version il est dit :
« Ô
Allâh ! Accepte son intercession en ma faveur et accepte la
mienne ».
Le
Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) le savait
mais n'a pas invoqué en sa faveur car il voulait le pousser à la
concentration et à l'épreuve de la difficulté de la pauvreté, de
la peine [du cœur] et du désespoir, en recherchant son secours (Al
Istighâthah) afin de lui faire atteindre parfaitement son objectif.
Et une telle implication [de sa part] et possible de son vivant ainsi
qu'après sa mort ; ainsi les Salafs ont utilisé cette invocation
pour leur besoin après son départ de cette vie (que Le Salut et La
Paix d'Allâh soient sur lui). 'Uthmân Ibn Hunayf
(qu'Allâh l'agrée) a enseigné cette invocation à un compagnon…At
Tabarânî
et Al Bayhaqî
ont rapporté, et At
Tabarânî
avec une bonne chaîne, qu'il (que Le Salut et La Paix d'Allâh
soient sur lui) a mentionné dans son invocation :
« Par
le droit de Ton Prophète et des Prophètes avant moi ».
Il
n'y a aucune
différence
entre la demande par
intermédiaire
(At Tawassul), l'appel au secours (Al Istighâthah), le recherche
d'intercession (At Tashaffu'), ou l'orientation (At Tawajjuh) vers
lui (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et les autres
Prophètes, et il en est de même pour les Awliyâ. Ceci parce que la
permission du Tawassul par les actions, comme mentionné dans le
hadîth
authentique de la caverne, a été mentionné bien que les actions
furent périssables et les âmes pieuses sont donc préférables ; et
parce que 'Umar Ibn Al Khattâb
(qu'Allâh l'agrée) a demandé la pluie par l'intermédiaire de Al
'Abbâs (qu'Allâh l'agrée) et celui-ci ne l'a pas refusé. C'est
comme si la sagesse de la demande par son intermédiaire et non par
celui du Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui)
et de sa tombe était de montrer de la pudeur à son égard, et
d'élever sa famille et ainsi, par sa demande par Al 'Abbâs
(qu'Allâh l'agrée), il accomplit une demande par le Prophète (que
Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et plus encore.
Les
expressions « se tourner » (tawajjuh), et « chercher
secours » (istighâthah) présupposent, bien entendu, que celui
dont on recherche l'aide est plus élevé que celui qui la lui
demande. Car « s'orienter » (tawajjuh) vient du mot
« jâh » qui signifie « le haut degré ». La
demande par intermédiaire (Tawassul) d'une personne d'un certain
rang peut être faite à celui qui possède un rang plus élevé que
lui.
Al Istighâthah c'est la recherche de secours, celui qui
demande l'aide recherche l'assistance d'un tiers afin d'obtenir une
aide extérieure, même si le premier est supérieur à ce dernier.
Ainsi, se tourner (tawajjuh) vers le Prophète (que Le Salut et La
Paix d'Allâh soient sur lui) et rechercher son assistance
(istighâthah) n'a pas d'autre signification dans le cœur des
Musulmans et ils n'ont pas d'autre intention dans ses deux pratiques
que se tourner (tawajjuh) vers Allâh et rechercher Son secours
(istighâthah). Donc quiconque n'a pas le cœur ouvert en ce qui
concerne ce sujet, qu'il pleure sur lui-même. Nous demandons à
Allâh la préservation. Celui dont l'aide est recherchée est en
réalité Allâh L'Exalté, et le Prophète (que Le Salut et La Paix
d'Allâh soient sur lui) est un intermédiaire entre Lui et celui qui
recherche Son aide. Donc l'aide n'est recherchée que de Lui (qu'Il
soit exalté) et l'aide ne provient que de Lui à la fois en ce qui
concerne sa création et son arrivée. Le Prophète (que Le Salut et
La Paix d'Allâh soient sur lui) est celui dont l'aide est recherchée
en tant que cause intermédiaire et acquisition, et le secours ne lui
ai demandé que métaphoriquement.
En général, utiliser le
terme « Istighâthah » dans un sens absolu (litt : non
restreint) pour celui dont on cherche l'assistance, même s'il s'agit
de causes intermédiaires ou d'acquisition, est une chose connue sur
laquelle il n'y a aucun doute que ce soit du point de vue
linguistique ou de la Sharî'ah. Ainsi, à la lumière de la
narration rapportée dans Al Bukhârî (qu'Allâh lui fasse
miséricorde) qui concerne l'intercession au Jour du Jugement, il n'y
a aucune différence entre cela et le fait de demander
Comme
ils étaient dans cet état (de frayeur au Jour Dernier), ils ont
recherché l'aide (istaghâthû) d'Âdam, puis de Mûsâ, puis de
Muhammad
(que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui).
Le Tawassul
peut aussi designer une invocation de sa part car il est certes
vivant et entend les questions de celui qui lui demande. Il a été
rapporté authentiquement dans un long hadîth
:
«
Les gens ont souffert de la sécheresse durant le califat de 'Umar
(qu'Allâh l'agrée), quand un homme vint à la tombe du Prophète
(que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) et dit :
« Ô
Messager d'Allâh, demande la pluie pour ta Communauté, car elle ne
fait que périr. »
Après
quoi le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui)
lui est apparu en rêve pour lui dire que la pluie allait tomber. »
Et
dans ce récit apparaît aussi : « Va
voir 'Umar et salue le, dis lui que la pluie va tomber. Dis lui aussi
: tu dois être perspicace, tu dois être perspicace ! ». »
Qui
signifie « douceur », car il était sévère en ce qui
concerne la religion d'Allâh. Il est alors allé à lui pour
l'informer, après quoi il pleura et dit :
« Ô
mon Seigneur, je n'épargne aucun effort à part ce qui échappe à
mon pouvoir ! »
Dans
une autre narration, il est dit que celui qui a vu le rêve fut Bilâl
Ibn Al Hârîth
Al Muzanî, le compagnon, qu'Allâh l'agrée. »
Fin
de citation.
Source : Jawhar Ul Munazzam de l'Imâm Ahmad Ibn Hajar Al Haytamî Al Makkî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).
