La noblesse des Salaf Us Sâlih et l'interdiction de les mépriser (At Tahâwî & Ibn Khaldûn)
Les Salaf Us Sâlih sont les premiers musulmans parmi les Sunnites. Wâsil Ibn 'Atâ°, Abû 'Alî Al Jubbâ'î, Jahm Ibn Safwân ou encore 'Abdu Llâh Ibn Karrâm, bien que vivant à leur époque, n'en font donc pas partie. La majorité des savants limite la période des Salafs jusqu'à la fin du 4ème siècle de l'Hégire. Ils furent parmi les vertueux de notre Communauté et leurs générations figurent parmi les meilleurs comme l'a enseigné le Prophète (que Le Salut et La Paix d'Allâh soient sur lui) du fait du grand nombre d'ascètes et de savants que produisit leur période et du rôle important que joua un grand nombre d'entre eux dans la transmission et la préservation de la Sunnah. Vu le prestige dont ils jouissent auprès d'Allâh, il est donc interdit de les dénigrer, de les rabaisser, de médire sur eux ou de les calomnier.
Al Imâm Abû Ja'far Al Warrâq At Tahâwî (qu'Allâh l'agrée) a dit : « Les savants du Salaf parmi les prédécesseurs et ceux qui les ont suivis parmi les successeurs (at tâbi'ûn) sont des gens du Bien et de la Tradition. Les gens de la science et de la réflexion ne les ont mentionnés qu'en bien. Celui qui les mentionne en mal n'est pas sur la bonne voie. » [Al 'Aqîdat Ut Tahâwiyyah – Point 97].
Et Al Imâm 'Abd Ur Rahmân Ibn Khaldûn (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « On doit se garder de critiquer, en pensée ou en paroles, les premiers musulmans. Le coeur ne doit pas être tenté de douter de rien en ce qui les concerne. On doit être aussi véridique que possible à leur sujet car ils le méritent plus que tout autre personne. Ils ne furent jamais en désaccord entre si ce n'est pour de bonnes raisons. Ils ne tuèrent jamais et ne furent jamais tués si ce n'est à la guerre sainte ou bien afin de faire triompher la vérité. On se doit de croire que leurs désaccords devinrent une source de miséricorde divine pour les musulmans des générations suivantes, qui prirent, chacun, pour modèle un des premiers musulmans de son choix, dont il fit son Imâm et son guide. Quand on comprend cela, on dispose alors de la claire vision de la sagesse divine envers Sa création et Ses créatures. » [Al Muqaddimah].
Les Salaf Us Sâlih furent ceux qui instituèrent les fondements des sciences et de la religion. Ils innovèrent dans la création d'écoles de pensée et édifièrent des méthodologies, des codes, des termes techniques et des règles dans les sciences de la religions afin de clarifier et protéger ces sciences. Leur travail fut conséquent et inégalable et toute la Communauté leur doit un respect et un amour des plus immenses.
Les plus connus parmi eux sont les Imâms de la jurisprudence (fiqh) et de la croyance ('aqîdah). Citons parmi les juristes Al Imâm Ja'far As Sâdiq Al Husaynî, Al Imâm Abû Hanîfah Ibn Thâbit Al Kûfî, Al Imâm Sufyân Ibn 'Uyaynah, Al Imâm 'Abdu Llâh Ibn Al Mubârak, Al Imâm Mâlik Ibn Anas Al Madanî, Al Imâm Sufyân Ath Thawrî, Al Imâm Muhammad Ibn Idrîs Ash Shâfi'î, Al Imâm Ahmad Ibn Hanbal Ash Shaybânî ou encore Al Imâm Muhammad Ibn Jarîr At Tabarî. Et citons parmi les théologiens Al Imâm Al Warrâq At Tahâwî, Al Imâm Al Hârith Al Muhâsibî, Al Imâm 'Abdu Llâh Ibn Kullâb, Abul 'Abbâs Al Qalânisî, Al Imâm Abul Hasan Al Ash'arî, Al Imâm Abul Mansûr Al Mâturîdî, 'Abdu Llâh Ibn Mujâhid At Tâ'î ou encore Al Imâm Abul Layth As Samarqandî.
Certes, ils divergèrent entre eux sur de nombreuses questions relevant de détails, mais ils furent tous d'accord en ce qui concerne les fondements de l'Islâm. Leurs divergences étaient fondées par les arguments de la foi, des textes sacrés et de la logique et n'avaient rien à voir avec la recherche du prestige ou de la polémique stérile. Ils sont des lumières et les piliers de notre religion.
Al Imâm 'Abd Ur Rahmân Ibn Khaldûn (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a d'ailleurs dit au sujet des deux premières générations : « Telle est la manière dont il faut juger les actes des premiers musulmans, des Compagnons du Prophète et des hommes de la seconde génération. Ils étaient les meilleurs musulmans. Si on les livrait à la médisance, qui pourrait prétendre à l'intégrité ? Le Prophète a dit : « Les meilleurs sont ceux de ma génération, puis ceux de la suivante. » Et il répéta la dernière phrase deux ou trois fois, avant de concure : « Ensuite, l'erreur se répandra. » Il tenait donc la vertu, c'est-à-dire l'intégrité, pour une qualité propre aux deux premières générations. » [Al Muqaddimah].
Qu'Allâh leur fasse à tous miséricorde et leur accorde une très large récompense, Allâhumma Âmîn.
Al Ikhwân Ut Tawhîd.
